18/11/2007

Trujillo (2)

(10/11/07 ->12/11/07)      Trujillo  (2)   (Koers)

(Enzo)

Que de choses à raconter, que d’émotions pour moi qui vais vivre le rêve de ma vie : participer à une course cycliste pour professionnels.

Mais avant tout, il faut que je vous parle de Lucho.
Ce garçon de 42 ans est hors norme ! Une vraie bombe que je surnomme « Speedy Lucho ». Lorsque vous pensez qu’il est là, il a disparu et lorsque vous ne l’attendez pas, il apparaît pour parfois s’éclipser 10 minutes plus tard. Mais qu’est-ce qui fait courir Lucho ?

Passionné de vélo, il est à la fois coureur cycliste, mécanicien et bien sûr le guide de tous les ces cyclorandonneurs qui font une halte à sa « Casa de ciclistas ».

Bien que catholique, Lucho n’a qu’un seul Dieu : Lance Amstrong. C’est d’ailleurs le prénom qu’il a choisi pour son fils (Lance, pas Amstrong). Lorsqu’il croise un ami dans la rue, c’est toujours pour parler cyclisme. Et des amis dans cette ville de plus de 600 000 habitants, il en possède des tonnes. C’est étonnant de le voir saluer tant de monde même dans les quartiers les plus éloignés de sa casa. Moi, lorsque je me promène dans Bruxelles, je suis déjà content lorsque je croise une seule de mes connaissances.

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Ici, c’est un peu le magicien de la mécanique. Il passe sa vie à démonter et remonter des vélos. Et il ne s’arrête jamais. Je l’ai même surpris une nuit (il devait être 4 heures) endormi sur une roue dont il avait commencé le dévoilage.

Le rêve de Lucho :
Il l’a réalisé en 2000 lorsqu’une chaîne de solidarité entre cyclorandonneurs étant passé á sa casa s’est organisée. Ce sont des Français qui se sont cotisés pour lui payer un billet d’avion et l’accueillir afin qu’il puisse suivre le Tour de France.

Touché par cette histoire, Jean-Marie Leblanc (le directeur du TDF à cette époque) lui a offert un « PASS VIP » afin qu’il puisse vivre son rêve à l’intérieur même du village TDF. Il a ainsi pu approcher et parler avec ses idoles. Et quelle émotion lorsqu’il a rencontré Lance qui lui a permis de prendre en main son vélo !

Qui sait, peut-être qu’un jour une nouvelle chaîne de solidarité prendra forme pour qu’il puisse répéter ce rêve. Nous allons y penser à notre retour en Belgique.

En attendant, c’est Lucho qui va m’offrir mon rêve.

A l'âge de 15 ans, je voulais devenir coureur cycliste professionnel. Malheureusement, ayant raté mon année scolaire, mon père refusa que je prenne ma licence. Le temps passa et m’éloigna peu à peu du vélo, m’orientant vers d’autres sports, et lorsque l’âge bête me rattrapa, ce sont les sorties et les filles qui me firent définitivement tourner cette page.

Ce soir-là, on parle d’un peu de tout et beaucoup de ma soeur Lora qui est à la fois journaliste-interprète sportive et commissaire internationale de l’UCI. Le virus de la compétition était toujours là, bien caché derrière mes 41 ans et Lucho l’ayant décelé, me proposa de préparer un vélo de course afin que je puisse participer à une vraie course professionnelle. Je n’y croyais pas. Mais ici c’est le Pérou et les règles de l’UCI sont encore très peu appliquées, voir même parfois inventées (je vous en parlerai plus tard).

Me voici donc prêt à participer à deux journées de course... sans licence !

Vendredi 9/11/07
Ce matin, un minibus conduit par le président de la fédération péruvienne s’arrête chez Lucho. A l’intérieur, entassés les uns sur les autres pas moins d’une dizaine de coureurs et leurs épouses provenant tous de Lima. Lorsque je les vois sortir, cela me fait penser au Guiness-book et au record consistant à entasser le maximum de gens dans une voiture. Je comprends vite que le monde du cyclisme au Pérou a besoin d’un fameux coup de pouce pour pouvoir évoluer. Ils sont tous pauvres, possèdent des vélos bricolés, mais ont tous une âme de professionnels.

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Nous voici donc parti ce matin en direction de Chiclayo pour un « petit décrassage » de plus de 100 km. Il faut dire que la compétition commence demain et qu’après avoir passé plus de 9 heures entassés dans le minibus, ils ont tous besoin de se dégourdir les jambes (heu... moi pas de trop). Corinne et les épouses nous suivent jusqu’à Pascamayao où nous remontons tous dans le bus (cela fait 3 de plus et là, aucun mouvement n’est autorisé). Nous passons la nuit dans un motel (entendez ici hôtel de passe) qui accueille occasionnellement les cyclistes gratuitement.

Samedi 10/11/07 Le grand jour.

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Direction Picsi (10 km de Chiclayo) ville de départ et d’arrivée des trois courses auxquelles je vais participer durant ces deux jours.

Ici, il n’y a pas de star, tout le monde est logé à la même enseigne. Petit déjeuné pour tous les coureurs dans un immense réfectoire ne comportant quasiment que des chaises : deux oeufs durs et deux petits pains accompagnés d’une boisson imbuvable (eux ils adorent). Passage à la signature afin de recevoir mon dossart. On ne me demande pas ma licence (celle que je n’ai jamais eue), il va se soi que si je m’inscris c’est que j’en possède une.

La course en ligne de ce samedi est un parcours d’un peu plus de 70 km. Question sécurité une voiture ouvreuse et des signaleurs postés tous les 5km juste là pour vous indiquer la direction, mais personnes aux autres croisements pour arrêter les voitures.

Pour moi, ce que j’avais présenti va vite se réaliser. Dès le départ, ils sont parti comme des fous pour un long sprint de 1 km. A 41 ans, je n’ai plus beaucoup d’explosivité et je me retrouve très vite distancé d’une dizaine de mètres avec un vent très violent de face. Je ne parviendrai jamais à boucher ce trou et je vais courir derrière ce peloton pendant plus de 20 km. Je rattrape bien petit à petit quelques coureurs distancés, mais peine perdue, je préfère abandonner d’autant plus qu’après le passage du peloton, la sécurité = nada !

Je ne suis pas déçu. Bien au contraire, je suis même aux anges. J’ai enfin pu voir ce qu’était le vrai rythme d’une course pro. Dur-dur ! Lucho, quant à lui, terminera la course très prêt des hommes de tête.

Allé courage Enzo, demain deux autres courses t’attendent.

Dimanche 11/11/07
Même cérémonial que la veille, mais je vais aujourd’hui participer à une course pour « Master » (40 ans et plus). Un critérium sur circuit local, ce sera un peu plus chouette pour Corinne qui pourra enfin voir quelque chose de la course.

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Et c’est reparti comme hier pour un sprint de 1 km, mais aujourd’hui je décide de mordre sur ma chique quelques tours pour finalement rejoindre les hommes de tête à deux tour de l’arrivée. Euphorique mais surestimant mes réserves, je décide même d’attaquer. En vain, lors du sprint final remporté par Lucho, distancé, je serai heureux de terminé à la quatrième place.

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Deux heures de repos et je décide ensuite de malgrè tout prendre part à la course pour élite. Je n’aurais fait que deux tours au sein du peloton avant d’être à nouveau distancé, mais quel plaisir de passé dans la foule vous acclamant !

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Et puis après ce fut les honneurs de la télévision locale qui nous interviewa afin que nous racontions notre périple en Amérique du Sud. J’ai même reçu deux médailles honorifiques tout en ayant le privilège de remercier le peuple péruvien pour son accueil.

Merci Lucho pour ce cadeau qui restera pour toujours l’un des plus grand moment de ma vie.

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Un petit mot sur le cyclisme au Pérou

Ici, tout se déroule dans une ambiance bon enfant. Le Pérou possède de bons coureurs, mais tout reste à faire pour qu’il devienne une nation reconnue internationalement.

Les coureurs ont un esprit professionnel, mais aucun moyen, n’est mis à leurs dispositions pour les aider. Pas d’entraîneur et donc pas de programme; pas de matériel, seuls quelques rares coureur un peu fortunés possèdent un vélo de course digne de ce nom. Quant aux règlements de l’UCI, ils sont quasiment inconnus. Pour exemple, lors de la course de dimanche, un coureur se trouvant dans le groupe de tête a subi une crevaison. Il a calmement attendu le tour suivant pour reprendre sa place dans le groupe et finir à la troisième position. Il a demandé aux organisateurs pour avoir « una vuelta de gracia ». Vu que les organisateurs sont moins au courant des règlements UCI que les coureurs, ils le lui ont accordé. Du jamais vu !

Et pour terminer, il faut savoir que le cliché « vélo = sport de tapettes » est encore assez répandu ici.

Dans ces conditions, le président de la fédération avec qui j’ai pu longuement m’entretenir, à encore beaucoup de pain sur la planche. C’est un homme rempli d’ambitions et totalement dévoué à son sport mais qui manque cruellement de moyens. Qui sait, si un jour un grand champion s’illustre à l’étranger, peut-être les choses évolueront-elles rapidement.

(Corinne)

Lucho heeft en koersfiets voor Enzo in mekaar gestoken en vrijdag-middag vertrekken we dan richting Chiclayo. De president van de peruviaanse wielerfederatie pikt ons met een wielerbusje op (=helemaal vanuit Lima gereden) met een 10-tal wielrenners van Lima. Enzo, Lucho en die wielrenners leggen de eerste 100 kms (als training) met de fiets af. (Enzo kan, tussen die 'professionelen', wel goed volgen).

Zaterdag is er een tour (voor de 'eliten' zoals dat heet) van 70kms. Zo elitair is het allemaal niet :  de wielrenners moeten zelf zeer veel moeite doen om aan een koers te kunnen deelnemen (zoals bvb 12uur in een minibusje vanuit Lima komen, waar amper plaats voor de benen is, het toegediende voedsel bestaat uit rijst en hardgekookte eieren,...). Het parcour is 'nergens' afgebakend en de koers vindt plaats doorheen alle vuilnis en tussen alle camions, autos en tuctucs (=zeer gevaarlijk !!!)   Enzo had zich bij deze koers vergist, want er waren eigenlijk 2groepen (de koersfietsen en de mountain-bikes) en Enzo volgde de verkeerde groep (=mountainbikes, die zelfde parcour aflegden).  Maar het was ook helemaal niet duidelijk (met gezamelijke start enz) en ook ik begreep het pas nadien (en ik denk niet dat dat kwam omdat we nog niet zo goed in Spaans zijn, maar gewoon omdat de organisatie allemaal een beetje chaotisch is). Enzo zat dus niet in het koersfiets-peleton en na een 15 à 20-tal kms gaf hij dan maar op.

Zondag was het iets geanimeerder en leek iets georganiseerder (alhoewel...) Nu betrof het een circuit van 1.5kms dat eerst door de 'masters' (=ouder dan 40jaar) gereden werd (11 toeren), daarna door de mountainbikers (30 toeren) en dan door de 'elite'-koersfietsen (ook 30 toeren). Enzo neemt eerst deel aan de masters-koers (hij is tenslotte 42jaar), maar ook daar stoot hij weer op een misverstand en dacht dat er 10 toeren waren, waarbij hij het in de 10de toer op een sprint zet en na aankomstlijn afremt, maar dan roept men 'Nog een toer !!!'  en hij (ontgoocheld) de 11de (uit de lucht gevallen) toer toch maar (zonder verdere motivatie) uitrijd...   Dan neemt hij ook deel aan de koersfietsen-koers, die dadelijk met een spurt begint en zodoende zit hij niet in het kop-peleton (omdat hij naar eigen zeggen een 'diesel' is en dergelijke snelle start niet apprecieerd) en geeft dan na 2 toeren op...

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Niet zeer vruchtvol wat resultaten betreft (hoewel hij toch 2 medailles en veel applaus gekregen heeft), maar anderzijds wel een interessante opportuniteit om te zien hoe (professionele?) wielerkoersen hier in Peru georganiseerd worden, vooral omdat Enzo's zus voor de UCI (=internationale organisatie voor cyclisme) werkt en 1 van haar taken o.a is om de cyclisme in latijns-amerika (en elders in de wereld?) te promoten, en dan denk ik dat er nog veel werk aan de winkel is.   Spijtig voor de enkele toch wel zeer gemotiveerde jonge renners.    Er is hier uiteraard minder geld beschikbaar dan bij ons (?), maar het zou desondanks toch allemaal wat beter kunnen.   O.a. worden ook de internationale regels van cyclisme helemaal overtreden, zoals bvb de anecdote van een renner die in de laatste (elite-circuit-koers) pech (=platte band?) krijgt en dan (na vervanging) de koers gewoon hervat en (als 3de) beëindigd, waarbij hij dus een toer minder dan de anderen gereden heeft, maar toch als 3de overwinnaar is (???)   Eigenlijk was de 4de de welverdiende 3de, maar hier (=bizar en oneerlijk) niet...

Voor verdere details verwijs ik naar Enzo z'n uitleg (die er meer van kent dan ik).  Ik was uiteindelijk maar (passieve) toeschouwster (=stond in voor de foto's en video)... en als Tom Boonen niet meerijdt, dan interesseert het me minder... (haha...)

00:15 Écrit par Corinne et Enzo dans 2 - Carnet de route Pérou | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : perou, velo, trujillo |  Facebook |

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