10/04/2008

Etat des eaux Equateur

Ce que nous avons vu :



Trois semaines passées en Equateur et me voici plus à même de vous livrer mes premières impressions sur l’eau :

Avec les Andes pour colonne vertébrale, on peut vraiment affirmer que l’Equateur est un gigantesque réservoir d’eau douce. Ici l’eau coule de partout, et pourtant …

Que ce soit à Quito où même à Banos, station pourtant reconnue pour ses eaux vertueuses, en Equateur, l’eau ne se consomme qu’en bouteille ou en berlingot. A longueur de journées, nous croisons d’ailleurs multitude de petits camions acheminant des bidons d’eau potable vers chaque village, même ceux les plus retirés, là haut, dans ces montagnes où l’eau ne peut être contaminée … à moins que…

transport_eau




Mais que se passe-t-il ?

Même à Quitto la plus grande partie de la population évite de consommer l’eau courante. D’après ce que j’ai pu comprendre, ce sont neuf grands réservoirs qui alimentent la ville. Le hic, c’est que ces réservoirs communiquent entre eux et que le risque de contamination générale en cas de problème dans l’un d’entre eux serait bien réel.
Je m’interroge.

Quant à l’eau de sources, en fonction de la région où l’on se trouve, j’ai entendu un peu de tout. Chacun a son avis, mais il ne faut surtout pas la consommer. Je vais donc rapidement me retrouver à l’hôpital puisque le jour de mon arrivée à Quito j’ai bu plus de deux litres d’eau toute droite sortie du « maudit robinet » et que j’en ai profité pour remplir nos « cameback », soit huit nouveaux litres directement consommés les deux jours suivants. Idem à Banos, huit nouveaux litres d’eaux. A plus de 3000 m d’altitude, j’ai également consommé de l’eau de source sans la filtrer. Du jamais vu.

Bon, restons sérieux. Je ne suis pas là pour jouer au donneur de leçon car lorsque j’ai un doute et qu’aucune réponse fiable ne m’est donnée sur l’eau que je désire consommer, je fais comme tout le monde, j’achète une bouteille.

Plus que la confusion et l’ignorance dans laquelle vivent les Equatoriens, ce qui m’inquiète le plus, c’est de savoir que celle-ci est entretenue par une non-communication. Dès lors, plutôt que de chercher à savoir chacun fait comme sont voisin, c’est-à-dire consommer l’eau en bouteille. Et lorsque vous savez que le système de recyclage en Equateur s’appelle « bord de route », je vous laisse imaginer à quoi va vite ressembler son sous-sol. Je ne suis pas certain que tout ce plastique va se retransformer en pétrole !

Et puis il y’a les gens d’en haut qui ignorent ceux d’en bas. Il m’est malheureusement souvent arrivé de voir, parfois à 4000 m d’altitude, des « citoyens » nettoyant leurs citernes ou réservoirs de carburant directement sur la route, sans même se cacher. A partir du moment où cela s’effectue en aval de leur village, je pense qu’il ne sont pas conscient de la répercutions de leurs gestes sur les populations se trouvant plus bas dans la vallée. Pourquoi ? Tout simplement parce que plus bas, dans la vallée, cela veut souvent dire à plus de cent kilomètres de chez eux et que beaucoup n’y ont jamais mis les pieds.


Maintenant, j’ai pu constater que sur les bords de route fleurissaient des panneaux invitant la population à ne pas polluer les rivières. C’est un premier pas, mais je me demande dans quelle mesure ces panneaux auront un impact puisque j’en ai également vu d’autres expliquant qu’il ne faut pas planter d’arbre au milieu de la route (véridique !).
Je me demande d’ailleurs s’il y’a une réelle volonté d’information lorsque je vois que dans les écoles on enseigne que l’eau potable est bonne pour la santé… faut-il entendre par là « l’eau en bouteille » ? J’en reparlerai probablement dans un article consacré à « La guerre des eaux » d’ici quelques semaines.

potable

Si vous voulez un peu comprendre la confusion qui régnait également dans mon esprit à la sortie de l’Equateur, voici quelques réponses données à ma simple question : l’eau mise à votre disposition est-elle potable ?

Quelle type d’eau

Qui

Réponses

POURQUOI ?

Quito

Eau courante

Carolina et sa famille vivant dans les quartiers bourgeois de la ville (c’est eux qui nous ont accueillis à notre arrivée)

Surtout ne pas consommer l’eau directement mais la faire bouillir

Car elle contient des bactéries (ils n’ont cependant pas été capable de me dire lesquelles)

Banos

Eau courante

Un ingénieur anglais y résidant depuis de nombreuses années

Il y’a des risques mieux vaut ne pas en prendre

Les systèmes d’épuration sont douteux (c’est lui qui m’a expliqué le système d’épuration de Quito avec ses conteneurs communicants (voir plus haut)

San-Pablo petit village de montagne

Eau de source et de rivière

La population unanime

Surtout ne pas consommer l’eau même  bouillie

Celle-ci contient trop de minéraux nocifs

Cuenca

Toute forme d’eau

Un étudiant terminant un stage de neuf mois en hotelerie

Surtout ne pas la consommer

Je ne sais pas, mais tout le monde me l’a dit

Loja

Eau courante

Un professeur de musique à l’académie de la ville

Ne pas la consommer

Risque de cancer. J’ai voulu approfondir, mais il a coupé court car mes questions semblaient l’embarrasser)

Vilcabamba

Eau courante

Une belge expatriée qui a rejoint son mari équatorien

Oui je la consomme même si elle a parfois une couleur jaunâtre

Mon mari en boit depuis toujours et se porte très bien

Vilcabamba

Toute forme d’eau

Une retraitée américaine vivant ici

Surtout pas, même pour se brosser les dents

Elle m’a cité toutes les bactéries qu’elle connaissait…



Notre gestion de l’eau :



Questions santé, mis à part quelques bactéries que nos organismes ont apparemment bien assimilées, je crois que nous ne risquions pas grand-chose en ne passant que trois semaines en Equateur et en ne consommant pas de volumes importants d’une même eau. Cela rassurera probablement les nombreux touristes qui emboîteront mon pas.
J’ai donc commis l’erreur de « trinqueballer » quotidiennement mes huit litres d’eau alors qu’il nous suffisait de bouillir l’eau des ruisseaux qui ici sont légion. J’aurais été mieux inspiré en prévoyant plutôt un réservoir de carburant un peu plus grand car, bien que gros producteur de pétrole, il n’est pas toujours aisé de trouver de l’essence en Equateur, surtout en montagne. Et de l’eau chaude, nous en consommons beaucoup quotidiennement:

- 2 litres pour la cuisine, le thé et le café
- 1 litre pour la vaisselle et nous laver (pas dans la même eau !!!)

En considérant que nous buvons 1 litre et demi par personne/jour (hors soda), il va falloir que l’on se prépare à gérer nos capacité de 10 litres différemment lorsque nous atteindrons des régions où l’eau est moins abondantes.


Un peu de lecture :



http://www.idrc.ca/fr/ev-5291-201-1-DO_TOPIC.html


http://www.idrc.ca/fr/ev-29422-201-1-DO_TOPIC.html

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