22/02/2009

Etat des eaux Pérou

Changement radical ?

Ce que nous avons vu

Dès le passage de la frontière (Equateur) nous constatons avec joie que l’eau courante, même dans les petites villes, est directement consommable. Malheureusement, souvent un peu trop chlorée, elle n’est pas toujours très agréable à boire. C’est cependant un énorme progrès. Mais peut-être plus que sa potabilité, c’est avant tout le fait qu’elle soit courante qui marque le plus la frontière entre ces deux pays.
On nous disait « Vous allez voir comme s’est pauvre le Pérou ! ». Notre première impression est tout autre. Je constate que le « droit à l’eau » s’applique même pour des villages ne comptant qu’une poignée d’habitants. Les châteaux d’eau fleurissent un peu partout et les pompes poussent comme des arbres au milieu des déserts.

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Deuxième changement radical, l’eau est canalisée. De chaque cours d’eau, qu’il soit grand ou bien réduit à l’état de ruisseau, démarrent de petits canaux servant à alimenter les villages le plus reculés ou à irriguer d’immenses surfaces cultivables. C’est d’ailleurs étonnant de voir poindre, en plein désert, une petite oasis se trouvant parfois à plusieurs dizaines de kilomètres du simple ruisseau qui l’alimente.

Malheureusement, tout cela n’est qu’une illusion qui va très vite s’effacer pour laisser la place à une réalité beaucoup moins rose.
Côté pollution des sols, rien n’a changé, tout est même pire. Le bord des routes ressemble toujours à d’immenses décharges publiques et ce n’est pas parce que l’on prend de l’altitude et que la population est moins dense que le spectacle est moins affligeant.

Que les déserts avoisinant les villes se soient transformés en d’immenses décharges publiques relève du politique. Je peux imaginer qu’ils ont d’autres chats à fouetter. Par contre, que le Péruviens jettent systématiquement leurs ordures par la fenêtre des bus et camions ressemble à un geste de « non citoyenneté » que je ne peux ni comprendre, ni accepter. Lorsque vous passez toute votre journée sur un vélo, cela fini par vous « pourrir le paysage ».

Restons positif.
Les Péruviens, malgré leurs travers, reste un peuple débrouillard et solidaire qui bénéficie d’un savoir faire qui remonte à la civilisation Inca. L’eau, ils connaissent et il ne manque jamais d‘ingéniosité lorsqu’il s’agit de la canaliser.

L’un des exemples qui m’a le plus frappé est celui de la centrale hydroélectrique du Canyon del Pato (Halluanca). Un barrage alimente des turbines se trouvant 15 km en aval. Comment ? Très simple. Ce barrage sert simplement à dévier une partie des eaux du Rio Santa dans un canal souterrain qui traverse toute la montagne pour se retrouver 15 km plus loin. A sa sortie, l’eau possède une énergie potentielle importante puisque les turbines se trouvent plusieurs centaines de mètres plus bas (450m).

Autre exemple : Pendant la saison des pluies, que nous avons évitée de justesse, des pluies torrentielles peuvent provoquer de gigantesques effondrements de terrain et coulées de boue comme à Yungai en 1970 . Forts de ce malheureux passé, les Péruviens ont « canalisé » le moindre ruisseau successible d’en alimenter d’autres et de créer de telles catastrophes.
La nature reste cependant imprévisible. C’est avec chance et satisfaction que nous sommes passés au travers de barrages routiers causés par « Dame Nature ». Les éboulements en tous genres restent malgré tout monnaie courante et il nous faut en permanence rester vigilant.

 

Notre gestion de l’eau

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Une fois de plus, lorsque nous étions à court d’eau, nous avons bu de l’eau de sources en espérant qu’un village ou une exploitation minière ne se trouvait pas plus en amont. Munis de cartes « sérieuses », nous pensons n’avoir jamais pris aucun risque. En cas de doutes, comme toujours, nous préférions bouillir l’eau. Attention, ne pas oublier qu’au-dessus de 2000 mètres Alt., il est raisonnable de laisser bouillir l’eau durant un minimum de 3 minutes.

La traversée des déserts nordiques nous a fréquemment obligé à nous approvisionner en « eau conditionnées ». Bouteilles d’eau pour la plus parts made in Coca-Cola ne contenant malheureusement aucun minéraux. Par contre, pour ne pas toujours cracher sur les  multinationales nord-américaines, nous ne nous sommes jamais privé de consommer (parfois sans modération) un bon Coca ou Fanta. Les sucres rapides que contiennent ces boissons sont toujours très efficaces pour accomplir les derniers kilomètres de la journée.

La traversée de la cordière nous a, quant à elle, obligé à rationner nos réserves. Nous avons même dû à deux reprises conserver l’eau de cuissons des pâtes afin de la réutiliser le lendemain (sans oublier de la faire bouillir à nouveau). Ce fut une très bonne expérience qui nous a appris qu’il n’est pas nécessaire d’utiliser une grande quantité d’eau pour se brosser les dents ou pour faire une vaisselle. Le meilleur moyen pour dégraisser une casserole étant d’utiliser une petite quantité d’eau bouillante.

En conclusion, une fois de plus, force nous est de constater que l’obtention d’une eau potable nous a obligé d’utiliser une quantité non négligeable de carburants. Environ 1 litre d’essence tous les 5 jours.

Ah oui, j’oubliais, Corinne et moi avons eu chacun une turista. Une après avoir mangé « Chifa » (chinois) et l’autre après un passage dans un restaurant japonais à Cusco. Cette fois, je pense que nous sommes immunisés pour le reste du voyage.

 

Bien à vous tous.

 

21:46 Écrit par Corinne et Enzo dans Etat des eaux | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : velo, voyage, perou, eaux |  Facebook |

Commentaires

la vaisselle sans...eau Nous ne "gaspillons" jamais d'eau pour la vaisselle: nettoyons la casserole ("teflon" qui ne colle) avec quelques quignons de pain... savoureux. Idéal avec la ..soupe de poisson en ces premiers bivouacs du printemps en Picardie verte...Quand décollez-vous à nouveau?

Écrit par : meura | 25/03/2009

Après réflexion de 1 an et demi quand même si on installait une éolienne sur notre vélo qui fabriquerait de l'eau ?

Écrit par : Françoise | 08/11/2012

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